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Comme zoizeaux lents: Poésies pour débutants

АЛЕКСЕЙ ЧЕРНОРЕЧЕНСКИЙ·ПЯТНИЦА, 28 АПРЕЛЯ 2017 Г.·ВРЕМЯ ЧТЕНИЯ: 6 МИНУТ

 Dans ma maison vous viendrez

D’ailleurs ce n’est pas ma maison

Je ne sais pas à qui elle est

Je suis entré comme ça un jour

Il n’y avait personne

Seulement des piments rouges accrochés au mur blanc

Je suis resté longtemps dans cette maison

Personne n’est venu

Mais tous les jours et tous les jours

Je vous ai attendue

Je ne faisais rien

C’est-à-dire rien de sérieux

Quelquefois le matin

Je poussais des cris d’animaux

Je gueulais comme un âne

De toutes mes forces

Et cela me faisait plaisir

Et puis je jouais avec mes pieds

C’est très intelligent les pieds

Ils vous emmènent très loin

Quand vous voulez aller très loin

Et puis quand vous ne voulez pas sortir

Ils restent là ils vous tiennent compagnie

Et quand il y a de la musique ils dansent

On ne peut pas danser sans eux

Faut être bête comme l’homme l’est si souvent

Pour dire des choses aussi bêtes

Que bête comme ses pieds gai comme un pinson

Le pinson n’est pas gai

Il est seulement gai quand il est gai

Et triste quand il est triste ou ni gai ni triste

Est-ce qu’on sait ce que c’est un pinson

D’ailleurs il ne s’appelle pas réellement comme ça

C’est l’homme qui a appelé cet oiseau comme ça

Pinson pinson pinson pinson

Comme c’est curieux les noms

Martin Hugo Victor de son prénom

Bonaparte Napoléon de son prénom

Pourquoi comme ça et pas comme ça

Un troupeau de bonapartes passe dans le désert

L’empereur s’appelle Dromadaire

Il a un cheval caisse et des tiroirs de course

Au loin galope un homme qui n’a que trois prénoms

Il s’appelle Tim-Tam-Tom et n’a pas de grand nom

Un peu plus loin encore il y a n’importe qui

Beaucoup plus loin encore il y a n’importe quoi

Et puis qu’est-ce que ça peut faire tout ça

Dans ma maison tu viendras

Je pense à autre chose mais je ne pense qu’à ça

Et quand tu seras entrée dans ma maison

Tu enlèveras tous tes vêtements

Et tu resteras immobile nue debout avec ta bouche rouge

Comme les piments rouges pendus sur le mur blanc

Et puis tu te coucheras et je me coucherai près de toi

Voilà

Dans ma maison qui n’est pas ma maison tu viendras. 

—-

Boris Vian

Pourquoi que je vis

Pourquoi que je vis

Pour la jambe jaune

D’une femme blonde

Appuyée au mur

Sous le plein soleil

Pour la voile ronde

D’un pointu du port

Pour l’ombre des stores

Le café glacé

Qu’on boit dans un tube

Pour toucher le sable

Voir le fond de l’eau

Qui devient si bleu

Qui descend si bas

Avec les poissons

Les calmes poissons

Ils paissent le fond

Volent au-dessus

Des algues cheveux

Comme zoizeaux lents

Comme zoizeaux bleus

Pourquoi que je vis

Parce que c’est joli

————-

La mère fait du tricot

Le fils fait la guerre

Elle trouve ça tout naturel la mère

Et le père qu’est-ce qu’il fait le père ?

Il fait des affaires

Sa femme fait du tricot

Son fils la guerre

Lui des affaires

Il trouve ça tout naturel le père

Et le fils et le fils

Qu’est-ce qu’il trouve le fils ?

Il ne trouve rien absolument rien le fils

Le fils sa mère fait du tricot son père fait des affaires lui la guerre

Quand il aura fini la guerre

Il fera des affaires avec son père

La guerre continue la mère continue elle tricote

Le père continue il fait des affaires

Le fils est tué il ne continue plus

Le père et la mère vont au cimetière

Ils trouvent ça naturel le père et la mère

La vie continue la vie avec le tricot la guerre les affaires

Les affaires la guerre le tricot la guerre

Les affaires les affaires et les affaires

La vie avec le cimetière.

Jacques Prévert, Paroles

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Je suis allé au marché aux oiseaux

Et j’ai acheté des oiseaux

Pour toi mon amour

Je suis allé au marché aux fleurs

Et j’ai acheté des fleurs

Pour toi mon amour

Je suis allé au marché à la ferraille

Et j’ai acheté des chaînes

De lourdes chaînes

Pour toi mon amour

Et puis je suis allé au marché aux esclaves

Et  je t’ai cherchée

Mais je ne t’ai pas trouvée

Mon amour

Jacques Prévert

————————————-

Quel jour sommes-nous

Nous sommes tous les jours

Mon amie

Nous sommes toute la vie

Mon amour

Nous nous aimons et nous vivons

Nous vivons et nous nous aimons

Et nous ne savons pas ce que c’est que la vie

Et nous ne savons pas ce que c’est que le jour

Et nous ne savons pas ce que c’est que l’amour.

Jacques Prévert

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Déjeuner du matin

Il a mis le café 

Dans la tasse 

Il a mis le lait 

Dans la tasse de café 

Il a mis le sucre 

Dans le café au lait 

Avec la petite cuiller 

Il a tourné 

Il a bu le café au lait 

Et il a reposé la tasse 

Sans me parler

Il a allumé 

Une cigarette 

Il a fait des ronds 

Avec la fumée 

Il a mis les cendres 

Dans le cendrier 

Sans me parler 

Sans me regarder

Il s’est levé 

Il a mis 

Son chapeau sur sa tête 

Il a mis son manteau de pluie 

Parce qu’il pleuvait 

Et il est parti 

Sous la pluie 

Sans une parole 

Sans me regarder

Et moi j’ai pris 

Ma tête dans ma main 

Et j’ai pleuré

Jacques Prévert

———————————————-

Paul Eluard

Le Fou parle

C’est ma mère, monsieur, avec ma fiancée.

Elles passent là-bas, l’une à l’autre pressée.

La jeune m’a giflé, la vieille m’a fessé.

Je vous jure pourtant que je les aimais bien;

Mais, constamment, j’avais le besoin bénin

D’exiger trop d’amour : ses larmes et son sein.

Je vous jure, monsieur, qu’elles m’ont bien aimé.

ça n’est certes pas leur faute à toutes les deux

Si sans cesse je voulais être plus heureux.

C’est ma mère, monsieur, avec ma fiancée.

Pour moi, elles ne sont qu’un même être et leurs charmes

Sont égaux ayant fait verser les mêmes larmes :

Ma mère a pleuré sur moi, qui sanglotais

Pour l’autre, refusant d’être à moi tout à fait ;

Je ne sais pas lequel de nous trois fut blessé…

C’est ma mère, monsieur, avec ma fiancée.

Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin

Ciel dont j’ai dépassé la nuit

Plaines toutes petites dans mes mains ouvertes

Dans leur double horizon inerte indifférent

Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin

Je te cherche par-delà l’attente

Par-delà moi-même

Et je ne sais plus tant je t’aime

Lequel de nous deux est absent.

———————————————

Paul Verlaine

Il Pleure dans mon Coeur

Il pleure dans mon coeur

Comme il pleut sur la ville.

Quelle est cette langueur

Qui pénêtre mon coeur ?

O bruit doux de la pluie

Par terre et sur les toits !

Pour un coeur qui s’ennuie,

O le chant de la pluie !

Il pleure sans raison

Dans ce coeur qui s’écoeure.

Quoi ! nulle trahison ?

Ce deuil est sans raison.

C’est bien la pire peine

De ne savoir pourquoi,

Sans amour et sans haine,

Mon coeur a tant de peine.

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Апрель 2017. Маленькая заметочка для себя

Как обычно — мое персональное подытоживание месяца. Ничего важного для других.

Самое главное событие — мы с Тимофеем и Светой представили в Рудомино нашу Nox Sovetica, проект по советской истории, который планируется как развернутый и далеко идущий, с несколькими показами в 2017. Этот проект занял много времени на подготовку.

Сделал видеорепортажи из Петербурга в день терактов, три на русском, один на английском.

В рамках Петербургского фестиваля языков прочитал лекцию по латиноязычным источникам по истории Древнего Рима.

С Бриджтумоскоу провел на английском прогулку по советским символам в архитектуре.

Много писанины и редактуры, подготовка событий дальнейших. Кстати, в фб я начал цикл зарисовок под общим титром “я+0”, с дальнейшими микроглавками: (1) “я+0”, (2) “антискетчи”, (3) “записки бомжа”, (4) “по направлению к вязьме”

Преподавал: английскую и французскую литературы, английский, французский, финский, риторику

Языки рабочие из неповседневных: литовский, финский, белорусский.

Города месяца: Санкт-Петербург, Колпино, Москва, Дзержинск, Нахабино, Саблино, Нижний Новгород.

30 Aprilis 2017. — Dertinscium (Russia)

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по направлению к вязьме / 27.04.2017

“Я работаю ближе к свободе.”

С маленькой буквы. Как говорят, орфография оригинала.

Не сразу понял, что он имел в виду. Оказывается, площадь такая в Нижнем Новгороде. Площадь Свободы. Экстремистское слово, блин, — свобода.

А еще слова “открытый”, “независимый”, “правовой” — тоже сюда же.

“Окей, иду к свободе по навигатору.”

И подумалось: и правда, а где бы такой жопиэсс для моей нации достать — чтобы к свободе? Эх…

по направлению к вязьме / 27.04.2017

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по направлению к вязьме / 27.04.2017

Есть у меня тайная страсть: когда он изредка проходит по моей странице и ставит лайк за какую-то запись, я просто готов прыгать козликом от счастья и считать один лайк за пятьдесят. За сто. Тыщу.

Вот кто-то прыгает от счастья, если лайкнет какая знаменитость — да так, что потом два месяца всем  рассказывает и хвастается. Таким иногда хочется предложить распечатать себе сертификат: “Полайканный {вставьте_имя_знаменитости_в_творительном_падеже} столько-то раз”.

А мне не надо ни хлеба, ни зрелищ; да хоть сам Незнаюдажекто лайкни меня. Лишь бы мой воплощенный Снежный Королев оторвался от своих журналистских подвигов, хоть как-то растопился сердечком да и прислал улыбочку внимания из своего ледяного царства.

по направлению к вязьме / 27.04.2017

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по направлению к вязьме / 25.04.2017

Сканер сам себя не выберет, не купит и не принесет. Миша. Ну Миша. Пойдем со мной — выберем мне сканер. Да, мне он нужен прямо здесь и сейчас. Нет, до Москвы не потерпит.

Полчаса по Дзержинску пешком — полный рот песка и волосы комьями. Сканер запакуйте получше, пожалуйста. Зернистость и песочковатость — это хорошо на стилизации фотоснимков, а не на пидиефках. Спасибо.

по направлению к вязьме / 25.04.2017

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записки бомжа / 23.04.2017

Два последних дня: провести “Nox Sovetica” на полдня в Рудомино, намутить прогулку в “Bridge to Moscow”, сбегать на свидание.

Завтра снова в глушь. Работать. Не отвлекаясь на теплые улыбки умных мальчиш. 

Со своими разъездами чувствую себя понаехавшим клоуном. Отгастролировал — складывай в чемодан свой цирк, пакуй барахло, пиздуй в следующую деревню побираться.

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записки бомжа / 19.04.2017

А ну-ка онлайн-эксперимент — посчитаю, кто прочитает эту запись: поднимите-ка руку, кто сейчас видит вот это приглашение на нашу “Nox Sovetica: Perlectio Novissima” (“Советская ночь: Новейшее прочтение”), которую мы готовим с Тимофеем (Тимофей Степанов) и Светланой (Svetlana Dorogina) в библиотеке Рудомино — 22 апреля 2017, 15.00 — 21.00?

Событие не создаю и не спамлю — знаю реальный выхлоп.

записки бомжа / 19.04.2017

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записки бомжа / 18.04.2017

Так, братухи, не ссать: с этой минуты и до конца лета 2017 я официально бомж.

Где торжественно лычки выдают?

записки бомжа / 18.04.2017

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записки бомжа / 18.04.2017

Ну бомжик и бомжик — что, у вас во френдленте бомжей нет? Как, совсем ни одного? А как же Устинов? Я по сравнению с ним мажор при палатах белокаменных. Все так испугались этой моей записи, что никто не рискует комментировать — робко пишут в личку. Ой, что случилось? Ничего. Просто я — бомж.

Всё окупится — должна быть своя норка скоро. (А то и две, хаха.) Пока можно воспользоваться шансом пошляться: судьба меня всегда вот так выпихивает, когда засиживаюсь я слишком долго там, где не должен. За первый месяц свободы я сделал столько и увиделся с таким количеством людей — словно четверть года “той” жизни.

Сейчас я сижу работаю в Дзержинске, чтобы никто не отвлекал, в пятницу в Москве на два своих события, потом снова в Дзержинск работать и писать, а потом и вовсе могу в Вязьму уехать (правда, пока не воткнул — смоленскую или московскую, разберемся). Аня объяснит, она у нас все знает.

Ах, как бы я хотел хотя бы один танец с тем, кому я посвятил законченные сегодня “Микрофибры”.

Но он не будет танцевать с бомжом.

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антискетчи / 17.04.2017

Завтра еду в глушь. Работать до пятницы. Здесь слишком много соблазнов выгуливать некоторых, с которых потом толку — как с козла молока. А с которых прок есть — прок этот только по выходным. С обедом. Вот и приеду к мероприятиям. 

Ой да. Кроме Библионочи в субботу я еще веду прогулку в воскресенье на аглицком про советский символизм. Старт на Говнослободской. В одиннадцать. Олежка жалуется — рано. 

Подъем. Нефиг спать — на выгул становись! 

антискетчи / 17.04.2017